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Texte fondateur

La vision et la mission de Better We Better World se fondent sur l’inspiration de la responsabilité universelle, un enseignement essentiel du Dalaï-lama au monde et aux générations futures. Car avec l’entraînement à lhaksam, « la responsabilité universelle » en tibétain, le corps la parole et l’esprit entrent dans une expérience d’unité de la famille humaine et de la communauté indivisible de la vie.

C’est lors d’un entretien le 29 septembre 2010 que j’avais proposé au Dalaï-lama de rédiger un Manifeste de la responsabilité universelle pour notre temps. Il me demanda d’écrire un texte qui serait développé à partir d’une réflexion sur les causes profondes de l’effondrement actuel de la biosphère, des causes internes à l’esprit humain que l’entraînement la méditation apprend à reconnaître. Car les catastrophes environnementales et la manière dont nous en sommes affectés sont le reflet de nos modes de pensée conflictuels et destructeurs, orientés vers une recherche égocentrée de confort et de profit.

Le Manifeste de la responsabilité universelle s’adresse donc au meilleur de nous-mêmes, invitant à une méditation de notre interdépendance avec les autres, humains et non humains. C’est la réalisation de l’unité du monde qui permet d’assumer un comportement de bienveillance et de responsabilité, contribuant à limiter la dégradation de l’environnement terrestre et les souffrances qui en résultent.

Le mot lhaksam « l’attitude extraordinaire » est rendu par « la responsabilité universelle », suivant l’interprétation du Quatorzième Dalaï-lama, qui choisit de l’exprimer comme l’aspiration très moderne de la responsabilité universelle. Car tous les défis de notre temps peuvent être affrontés et contrés si, en tant qu’individus, nous développons et pratiquons un sens de responsabilité universelle, un sentiment sincère de responsabilité envers chaque être vivant.

Le Bouddha enseigne que nos actes sont liés avec l’univers entier et ont un effet sur l’univers entier, directement ou indirectement. La responsabilité universelle implique ce sentiment d’être connecté avec l’ensemble de l’univers, avec tous les êtres sensibles vivant sur cette Terre, en assumant de plus une préoccupation et une responsabilité pour tous. Par exemple, si je commets une action malsaine quelle qu’elle soit, ses effets ne seront pas limités à la personne ou à l’objet immédiatement concernés. Mon action aura une implication universelle. C’est un fait que la physique quantique admet aujourd’hui. Une épingle que l’on fait tomber ici a des répercussions au loin et peut même produire des effets à des années lumières d’ici. Telle est la réalité.La compréhension de cette interrelation universelle est au cœur de la signification de lhaksam. C’est cette compréhension qui donne à la responsabilité universelle sa qualité exceptionnelle et qui la différencie d’autres notions ordinaires. C’est seulement en développant l’esprit de responsabilité universelle que l’on pourra relever les nombreux défis de l’époque contemporaine. Selon Samdhong Rinpoché, « cette interprétation unique de lhaksam, entendue comme responsabilité universelle, est l’une des grandes contributions du Dalaï-lama à notre monde. Il nous appartient de faire vivre ce don qu’il nous a fait pour le bien des générations futures. » (Citation extraite de The Vision of the Dalaï-lama,enseignement de Samdhong Rinpoché au centre bouddhiste Lerab Ling en 2006.)

Le texte du Manifeste de la responsabilité universelle a été finalisé avec le Dalaï-lama, à Oxford, le 15 septembre 2015, à partir de la version rédigée par Sofia Stril-Rever, à la demande du Dalaï-lama et dans l’esprit de ses enseignements. Texte revu et édité avec le Vénérable Samdhong Rinpoché ; le professeur Robert Thurman, Directeur de Tibet House New York et professeur de tibétologie à l’Université de Columbia, à New York ; le professeur Erik Itzkin, Directeur adjoint de l’Héritage immuable à Johannesburg, biographe du Mahatma Gandhi.

LE MANIFESTE DE LA RESPONSABILITE UNIVERSELLE

Extraits

Ma préoccupation s’étend à tous les membres de la famille humaine et, en vérité, à tous les êtres sensibles qui éprouvent de la souffrance. Je crois que la cause de toute souffrance est l’ignorance. Nous infligeons de la peine aux autres dans la poursuite égoïste de notre bonheur et de nos plaisirs. Pourtant le vrai bonheur vient d’une authentique fraternité.

Nous devons cultiver une responsabilité universelle les uns pour les autres
et envers la planète que nous partageons.

Le Dalaï-lama

TROIS PRISES DE CONSCIENCE

Première prise de conscience

PAIX INTERIEURE ET REALITE PARTAGEE DE LA VIE

Je suis né sur cette Terre, enfant de la vie, au sein du cosmos.

Mes codes génétiques incarnent les messages de l’univers. Je suis relié à tous les vivants dans la réalité partagée de la vie.

La même énergie, qui fait battre mon cœur, entraîne aussi la Terre et les corps célestes. La respiration, mouvement source de la vie, unit chacun de mes souffles au souffle de tous les êtres et au grand souffle de l’univers.

La sagesse première des peuples d’autrefois connaissait le secret de la paix entre les hommes et le monde. Depuis la Révolution industrielle, l’homme a oublié le secret de la paix. Son cœur endurci est parti en guerre contre lui-même, en guerre contre la vie. Le poison de son esprit a empoisonné la terre nourricière, infecté les sources des fleuves, acidifié les océans, pollué l’atmosphère. La planète surchauffée est devenue irrespirable dans les mégalopoles de la planète, dont les lendemains semblent voués au désastre de grandes souffrances.

Mais, aujourd’hui, l’homme des temps modernes recherche la voie de la douceur, de la paix et de la guérison intérieure. La physique contemporaine, à l’instar des philosophies de l’Âge axial, expose les principes de l’interdépendance fondamentale, au niveau de la matière, mais aussi sur les plans subtils de l’esprit et des émotions. Je réalise que chacune de mes actions, de mes paroles et de mes pensées déposent des empreintes de conscience qui traversent l’espace et le temps.Mes actes hostiles viennent grossir les vagues de haine destructrice qui agitent l’océan des douleurs du monde. Mes actes d’amour bienveillant voyagent comme une onde de joie aux confins de l’univers.

Je prends conscience que le bien-être de tous les vivants est lié à l’équilibre des écosystèmes, eux-mêmes dépendants de la paix dans le cœur des hommes et de l’esprit de justice dans les sociétés humaines, où nul ne doit être laissé pour compte, mutilé par la faim, la pauvreté et le dénuement.

Il m’appartient de vivre la paix et la guérison intérieure, pour moi et pour tous les êtres, en toutes circonstances. Je contribuerai ainsi à maintenir l’harmonie de la vie et à la rétablir lorsqu’elle aura été détruite.

Deuxième prise de conscience

NOTRE HUMANITE INTERIEURE

Je suis né sur cette Terre, enfant de la vie, au sein de l’humanité, ma famille.
Des liens irrévocables m’unissent à mes sept milliards de frères et sœurs ainsi qu’à tous les êtres non humains, qui partagent l’aventure de la vie. Je prends conscience que ce qui nous rapproche est plus fort que ce qui nous sépare et, trop souvent, nous divise.

Quelles que soient la couleur de ma peau, ma nationalité, ma religion, mes ressources et mes convictions personnelles, je suis en essence un être humain pareil à tous les autres, partageant le même désir d’être heureux, d’aimer et d’être aimé. En me fondant sur cette identité commune de notre humanité intérieure, je reconnais qu’aujourd’hui, je ne peux vivre coupé du monde. Des événements, survenus dans une région lointaine, m’affectent et affectent aussi toute la planète. Chaque problème local a une incidence globale qui transcende les frontières.

Je prends conscience que, dans un contexte d’interdépendance démultipliée par la mondialisation et la technologie, l’épanouissement des sociétés humaines et la protection de l’environnement se basent, avant tout, sur l’entraide. Seul l’altruisme me motive à agir dans l’intérêt de tous les vivants, en assumant ma responsabilité universelle.

Paix intérieure, amour et compassion, loin de témoigner d’un idéalisme désuet, font partie de la nouvelle réalité. Ce sont les garants de l’intérêt de tous, contre la déshérence du lien social et le délitement des solidarités.

La nécessité de coopérer m’amène à reconnaître que la base la plus sûre d’un développement durable du monde repose sur ma pratique individuelle et partagée de la paix intérieure, l’amour et la compassion.

Troisième prise de conscience

SATYAGRAHA, LA FORCE DE LA VERITE

Je suis né sur cette Terre, enfant de la vie, au sein de la grande paix naturelle.
Mais les livres d’histoire, comme l’actualité, rapportent une succession de guerres, de conflits, de catastrophes et de faits divers violents. La tentation est grande de conclure que le mal est plus fort que le bien. Pourtant, quand je calme l’agitation de mon mental et que je regarde profondément en mon esprit, je deviens la paix, je touche ma vérité, aimante et connaissante. Je prends conscience de la nécessité de cultiver non seulement ma logique rationnelle mais aussi toutes les autres facultés remarquables de mon esprit, telles que l’amour, la compassion, la générosité et le pardon.

Je prends conscience que la puissance du mal n’est pas fondée et qu’elle peut être dépassée. La haine est une illusion, un effet de l’ignorance. Ainsi relié à ma vraie nature, je découvre l’immense générosité dela vie et ses pouvoirs. La réalité profonde et inéluctable de la bonté me révèle que satyagraha, la force de la vérité, est irréductible quand elle se manifeste dans l’amour.

A l’ère d’internet, je me sens souvent manipulé et instrumentalisé par la culture techno-économique. Je prends conscience qu’il me faut mettre en pratique une sagesse de la responsabilité universelle, basée sur la force de la vérité et de l’amour, appelée satyagraha par le Mahatma Gandhi.

Diversement traduit par « Force de la vérité » ou « Force d’âme », satyagraha est l’arme de mon combat non violent contre l’injustice. Car dès que la vérité passe à travers moi pour s’exprimer, je suis invincible.
Satyagraha exige que j’accepte la souffrance et le sacrifice, sans recourir à la violence, quelle que soit l’agression subie. Mettant en pratique l’idéal de satyagraha, je deviens, parmi d’autres et avec d’autres, artisan de paix, de justice et de vérité.

Citoyen du monde, j’assume un nouveau lien civique de responsabilité universelle.










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